Visions du monde

L'insoutenable victoire des va-t-en-guerre


    Le conflit qui, au Proche-Orient, oppose depuis plus de soixante ans Palestiniens et Israéliens laisse peu de personnes indifférentes. Tour à tour, au gré des évènements sur le terrain, un attentat-suicide perpétré par un kamikaze, de nouveaux tirs de roquettes palestiniens ou une nouvelle opération militaire israélienne en Cisjordanie, dans la bande de Gaza ou au Liban-Sud, ce conflit attriste, passionne, laisse perplexe ou provoque la colère et parfois même la révolte. Dans le monde arabe, de la Syrie au Maroc, les chefs d'État l'utilisent pour faire diversion lorsque leur politique déplaît à leurs gouvernés. En Israël, ce conflit est le thème central de toutes les campagnes électorales. Dans de nombreux pays, sur les cinq continents, les prises de position à son sujet constituent un point de rupture, une ligne de clivage infranchissable pour quiconque ne veut pas se retrouver dans l'autre camp.
    L'autre ? Oui, l'autre; car selon les grilles de lecture de ce conflit, par trop souvent construites de manière binaire, il ne peut y avoir que des "pro-palestiniens" et des pro-israéliens. Quel que soit le camp choisi ou imposé, l'autre n'est que l'agresseur, jamais l'agressé, assurément un adversaire sans pitié, forcément déshumanisé, évidemment une cible à éliminer. (...)

Un certain regard sur l'idéologie coloniale


" Le colonialisme porte en lui la terreur. Il est vrai. Mais il porte aussi en lui plus néfaste encore peut-être que la chicotte des exploiteurs, le mépris de l'homme, la haine de l'homme, bref le racisme. Que l'on s'y prenne comme on le voudra, on arrive toujours à la même conclusion. Il n'y a pas de colonialisme sans racisme. "

Aimé Césaire, la Nouvelle Critique, janvier 1954

    Pour justifier son action, l'idéologie coloniale a toujours mis en avant son caractère humaniste. Investi d'une mission civilisatrice, le colonialisme a été, selon ses défenseurs et ses promoteurs, un bienfait pour l'humanité. Pourtant, le projet colonial s'est construit à partir d'une justification essentielle, bien éloignée des idéaux humanistes et universels tels que l'égalité des hommes, sans distinctions de races, de sexes ou de religions, l'acceptation de l'Autre et de ses différences ou encore, le rejet de toute velléité d'hégémonie, par essence source de domination et d'inégalités.
    Convaincues de leur supériorité, les puissances occidentales ont pratiqué une colonisation du monde fondée sur un devoir de civilisation et de christianisation. Et pour la réalisation de ce projet, " civiliser le barbare ", l'utilisation de la force et des méthodes coercitives et discriminatoires a toujours été autorisée. (...)

Etre une femme au Maroc en 2007


    Une femme pose les deux genoux parterre. Que fait-elle ? Entame-t-elle une prière ou se prépare-t-elle à passer la serpillière ? Elle tend ses bras vers l'avant, cherchant à atteindre une ligne blanche tracée sur le sol. Elle plaque ses deux mains sur la marque, cale ses deux pieds dans les starting-blocks et, prenant appui au sol grâce à ses mains, relève les fesses. (...)

Le Maroc change !


    "Le Maroc change !" Depuis quelque temps, cette formule qui ressemble étrangement à un slogan de campagne électorale est sur toutes les lèvres. Le gouvernement et les autorités du pays l'utilisent sans cesse. Selon eux,  grâce à l'avènement du nouveau millénaire et le changement de monarque, le Maroc serait entré de plain-pied dans la modernité. Les experts internationaux usent également sans modération de cette affirmation. Chaque fois qu'ils sont interrogés, ils n'hésitent pas à déclarer que le progrès répand désormais ses bienfaits sur l'ensemble du pays. Dès lors, l'information se propage dans toutes les rédactions. Repris avec empressement par la presse et les médias, relayé et diffusé à toute la planète via Internet, ce slogan est en passe de devenir une vérité absolue. (...)

Le soutien aux dictatures


    L'effondrement du bloc communiste, la chute du mur de Berlin et la disparition de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), ces trois évènements historiques consécutifs, presque simultanés, marquent la fin de la période de la guerre froide. Depuis lors, tous les grands dirigeants de ce monde, soutenus par une majorité d'experts affidés et de conseillers dévoués, affirment avec force et persuasion que les relations internationales sont désormais régies par de nouvelles règles : celles de la démocratie et du respect des droits de l'Homme. (...)

La démocratie du nombre


    En 2007, plusieurs pays organisent des élections. En France, au Mali, au Maroc, en Mauritanie, en Russie et au Sénégal, pour ne citer que ces pays, les électeurs sont appelés à se rendre dans les urnes. Chaque année, des élections se déroulent sur les cinq continents. Cette multiplication des scrutins autorise les optimistes à affirmer que la démocratie s'est instaurée et tant que norme de gouvernement pour l'ensemble de l'humanité. (...)

Mondialisation, un outil de l'hyperpuissance américaine


    Les Etats-Unis ont longtemps hésité avant de décider de prendre part au second conflit mondial (1939-1945). Pourtant au sortir de cette guerre, ils sont devenus la première puissance du monde. À eux seuls, ils assurent, à ce moment là, un quart des échanges mondiaux.
    Aux lendemains de ce conflit, les États-Unis prennent conscience qu'"ils sont les seuls à pouvoir prétendre réorganiser le système économique et financier mondial, de façon à renforcer le néo-capitalisme." Ils savent également qu'ils sont les seuls à pouvoir s'opposer à l'Union soviétique. C'est dans cette optique qu'ils décident d'aider à la reconstruction de l'Europe ravagée par la guerre. Ils mettent en place à cet effet le plan Marshall, du nom de son instigateur, le général Georges Catlett Marshall, chef de l'état-major anglo-américain pendant la seconde guerre mondiale. (...)

La Russie de Vladimir Poutine : fausse démocratie ou véritable dictature ?


    La prochaine élection présidentielle russe doit se tenir au printemps 2008. La fonction de chef de l'État étant limitée à deux mandats successifs, Vladimir Poutine ne peut pas se présenter à ce scrutin. Sauf réforme constitutionnelle de dernière minute, 2007 sera donc la dernière année de pouvoir pour l'actuel maître du Kremlin.
    Les huit années de présidence de Vladimir Poutine se caractérisent par une volonté ferme de reprise en mains des affaires du pays par l'État, du retour de celui-ci dans le monde économique et financier et, par l'instauration - en tout cas dans les déclarations - de l'ordre public et de l'État de droit. (...)

Démocratie et lutte contre le terrorisme


    Depuis les attaques du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et la multiplication des attentats terroristes aux quatre coins de la planète (Casablanca, Madrid, Bali, Londres, Djerba, Riyad, etc.), de nombreux pays ont adopté des lois dites antiterroristes Ces textes législatifs d'exception constituent bien souvent des atteintes aux libertés individuelles.
    Encore sous le choc des attentats du 11 septembre, le Congrès américain adopte, le 24 octobre 2001, le Patriot Act qui renforce considérablement le pouvoir du gouvernement dans la lutte antiterroriste. Ce dispositif législatif permet notamment à la police fédérale (le FBI) de consulter les fichiers des bibliothèques et des entreprises et d'accéder aux dossiers médicaux et scolaires des citoyens américains. Dans le cadre du Patriot Act, les personnes soupçonnées de terrorisme se voient doter d'un statut d'exception qui les prive, une fois en détention, des droits qui leur sont reconnus par les différentes conventions de Genève. (...)

Israël veut-il d'un Etat palestinien indépendant ?


    Quelques jours avant le décès de Yasser Arafat, le 11 novembre 2004, Elie Wiesel, écrivain et prix Nobel de la Paix en 1986, fait une déclaration retentissante. A ses yeux, "avec la sortie de Yasser Arafat disparaît le plus grand obstacle à la paix entre Israël et les Palestiniens. " Pour Elie Wiesel, la disparition du président de l'Autorité palestinienne et de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) "marque le début d'une nouvelle ère d'espérance au Proche-Orient. "(1) 

L'Europe et l'immigration africaine


    À la fin des années 1970, les pays d'Europe occidentale cessent officiellement de recourir à des travailleurs étrangers pour compenser leur manque de main-d'œuvre.
    L'entrée en vigueur, en 1995, de l'espace Schengen va néanmoins modifier la politique migratoire des pays européens. ) À l'intérieur de l'espace Schengen, la libre-circulation des individus est de rigueur grâce à l'abolition des frontières entre les pays membres. En même temps, l'Union européenne (UE) renforce les contrôles à ses frontières.
    En fermant ses frontières extérieures, l'UE se retrouve confrontée à l'immigration illégale. Si tous les responsables européens se disent conscients de la nécessité d'élaborer une politique commune d'immigration, cohérente et humaine, les faits démontrent le contraire. La politique migratoire européenne s'appuie essentiellement sur la lutte contre l'afflux de clandestins. (...)


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