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Histoires de l'encre qui coule et de la plume qui pleure

Ici, l'encre coule parce que la plume pleure...

Les VRP de la démocratie

Pour continuer à vendre des avions à réacteurs
Et du matériel de guerre aux dictateurs
Les vendeurs, des VRP
Venus de la Maison blanche ou de l'Élysée
N'évoquent jamais, ou alors avec timidité,
La situation des droits de l'Homme et des libertés.

Il ne faut surtout pas aborder
Les sujets qui fâchent,
Qui compliquent la tâche,
Qui rendent difficile la vente
Et qui risquent d'entamer la bonne entente.

« Prenons garde de ne pas brusquer M. Le dictateur.
Il s'agit d'un bon acheteur. »

La santé de l'économie du pays
N'a pas de prix.
Et tant pis,
Si la démocratie 
Est tancée et priée de s'écarter
Devant les intérêts
Commerciaux et économiques.
Voilà la réalité du discours diplomatique.


Copyright © Youssef Jebri. Juin 2008

Jeux de mots

Quand, au Nord, des syndicats
Organisent, en signe de protestation,
Des marches et des manifestations
Pour dénoncer la baisse du pouvoir d'achat,
On qualifie l'évènement de « conflit social ».

Quand, au Sud, ceux qui n'ont plus rien
Défilent pour réclamer un bout de pain
On appelle ça des « « émeutes de la faim ».


Copyright © Youssef Jebri. Mai 2008

Electron libre

A l'électron libre,
Oiseau rare,
Être à part,
Qu'ils veulent faire vivre
Dans une cage.

Oiseau libre,
Où que tu sois, je te vois.
Où que tu sois, je pense à toi…
Et j'ai peur…
J'ai peur qu'ils t'attrapent.
Je tremble à l'idée qu'ils te frappent.

Oiseau libre tant convoité,
Prends ton envol,
Avant qu'ils ne te volent
Ta liberté.


Copyright © Youssef Jebri. Février 2008

Mon ami

Taoufik, mon ami,
Je te salue.
Nous nous sommes perdus de vue,
Chacun menant sa vie.

Qu'es-tu devenu
Depuis la dernière fois
Que nous nous sommes vus ?
C'était il y a dix ans déjà.

Sans te prévenir, j'ai pris un autre chemin.
Du jour au lendemain,
Je n'ai plus répondu à tes appels ;
Je ne t'ai plus donné de mes nouvelles.

J'imagine que tu m'as écrit.
Ayant quitté le pays,
Tes lettres te sont certainement revenues
Avec la mention : « le destinataire n'habite plus cette rue. »

J'ai fui le Maroc, Taoufik !
Je ne pouvais plus vivre dans ce pays de fanatiques.
Je ne supportais plus de dire que tout va bien.
Je n'étais plus capable, pour survivre, de baiser les mains.

J'aimerais tant pouvoir
Te dire que je ne t'ai pas oublié,
Qu'il ne faut pas m'en vouloir
De t'avoir quitté.

A maintes reprises, j'ai voulu
Te contacter, tenter de te retrouver ;
Mais j'ai eu peur que le pays ne t'ait changé,
Que tu ne sois plus l'ami que j'ai connu.

J'ai souvent pensé à toi.
Aujourd'hui encore, je me remémore ta voix.
Tu occupes parfois mes pensées
Et tu t'immisces souvent dans mes rêves agités.

Dans mes songes, tu demeures silencieux
Aucune parole, aucun geste, tu te contentes de me regarder.
Tes yeux tristes portent le deuil de notre amitié.
Te voir ainsi me rend honteux.

Mes mots aujourd'hui
Sont probablement écrits sous l'effet de la nostalgie.
As-tu changé Taoufik ? Moi, j'ai grandi.
Le temps passant, j'ai vieilli.

Te reconnaîtrai-je si nous nous rencontrions ?
Notre amitié a-t-elle résisté
A tant d'années de séparation ?
Taoufik ! Sache que je ne t'ai pas oublié.


Copyright © Youssef Jebri. Mars 2007

Désillusions

Générations au quotidien rythmé par des cas de sida et de nouveaux attentats, individus que plus rien ne peine si ce n'est la perte de leur confort et l'absence d'or, Humanité scindée en de multiples communautés, différences exacerbées : l'avenir de Gaïa et de ses enfants ressemble à s'y méprendre à Guernica.

    Une voix, un murmure lointain, je tends l'oreille pour entendre ces paroles à peine audibles:
_ Un bébé est venu au monde. Les Mages l'ont appelé Démocratie. (...)

Vivre ?!

La mort : une porte sur le Néant ou un point de passage obligé vers l'Eternité ? Ce doute est partagé par  l'ensemble de l'Humanité. Qui fut le premier être-humain à soulever cette question ? Justement l'Homme ne se serait-il pas devenu Homme en ayant ce questionnement ? Face à toutes ces interrogations condamnées à demeurer sans réponse, il n'existe qu'une seule certitude : la mort, irréversible destin, finit toujours pas surgir sur le chemin des humains. (...)


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